Semaine nationale de reconnaissance des brigadiers : un hommage 

Dans le cadre de la Semaine nationale de reconnaissance des brigadiers et brigadières, le journal Les Versants est allé à la rencontre de Brigitte Dupont et Martin Moreau, qui assurent la sécurité autour de l’école de la Mosaïque, à Saint-Basile-le-Grand, et de Pierre Jutras, brigadier à Saint-Bruno-de-Montarville. 

Il pleuvait lors de notre entretien avec les brigadiers de Saint-Basile-le-Grand.

« Souvent, papa et maman viennent les porter en voiture quand il pleut, comme si leurs enfants étaient faits en chocolat. Ça rend la logistique complexe quand ça arrive », illustre d’entrée de jeu Martin Moreau. 

Des brigadiers d’expérience

Le brigadier amorce sa 27e année de carrière dans ce rôle. À Saint-Basile-le-Grand, il est en poste au coin de la montée des Trinitaires et de la rue Montpellier. « Quand il pleut, les enfants sont rois. Ils arrivent en voiture », renchérit Brigitte Dupont, brigadière depuis plus de 20 ans.

Avant d’être en mission devant l’entrée de l’école de la Mosaïque, elle assurait jusqu’en 2022 la sécurité des enfants à l’intersection des rues Bella-Vista et François-Massé. À la suite de travaux sur Bella-Vista, la Ville a aboli son poste avant de la muter sur la rue Montpellier afin de compléter le boulot avec M. Moreau. Le déplacement de la brigadière avait fait les manchettes, une pétition avait même circulé dans le secteur.

« Quand j’ai su que son poste était aboli, j’ai poussé pour que Brigitte soit amenée de ce côté-ci. J’avais rencontré mes patrons. En tant que brigadier, je vois des choses. Sur la montée des Trinitaires, la circulation est rapide. Il y a des parents qui voyagent leurs jeunes au Collège Trinité. Il fallait amener une sécurité supplémentaire. Penser à la sécurité des enfants, c’était la chose à faire », assure Martin Moreau.  

L’hiver approche 

Avec l’hiver qui arrive à grands pas, Brigitte Dupont rappelle aux conducteurs qui vont prendre la route dans les prochains mois l’importance de déneiger l’habitacle et les vitres. « L’hiver, il y a des véhicules qui ne sont pas bien déneigés. C’est dangereux. Des fois, je n’arrive même pas à avoir un contact visuel avec la personne au volant. Je me demande s’ils me voient quand je fais traverser les enfants. C’est stressant », raconte-t-elle. 

Quand on leur demande ce qu’ils pensent de cette première Semaine nationale de reconnaissance des brigadiers, ils saluent l’initiative du gouvernement provincial. « C’est valorisant. Peut-être que ça va donner le goût à d’autres de venir combler des heures. C’est un beau métier de préretraite. Nous avons de bonnes conditions », indique Mme Dupont.

« C’est très bien de reconnaître les brigadiers, ajoute M. Moreau. Si les enfants sont de bonne humeur le matin à l’école, c’est parce que nous sommes les premiers à les voir. On fait ça pour leur sécurité. C’est ça, notre job! » 

Pierre Jutras à Saint-Bruno

« Nous allons vers la période de l’année la plus difficile pour les brigadiers », entame Pierre Jutras, brigadier depuis six ans à Saint-Bruno-de-Montarville.  

Difficile période à venir

La Semaine nationale de reconnaissance des brigadiers vise à reconnaître le rôle essentiel de ces personnes dévouées qui, chaque jour, beau temps, mauvais temps, assurent la sécurité des enfants aux abords des écoles. « La pluie, le verglas, la neige et le froid. Le mauvais temps, les chutes de température, c’est ce que j’aime le moins de mon travail. Ce n’est pas plaisant », témoigne celui qui est aussi représentant syndical des brigadiers de la Ville.

La convention collective a été signée l’année dernière pour quatre années.

« Le reste est intéressant. Notre travail est apprécié des jeunes. Ils respectent nos consignes. Leurs parents aussi, ils

sont patients. »                                   

Saint-Bruno emploie 15 brigadiers, dont 8 permanents. Les autres, comme M. Jutras, font partie des remplaçants. « C’est un choix, nous fait savoir le retraité. Être brigadier, c’est très accaparant. J’aime ma liberté. En étant remplaçant, ça me permet aussi de vaquer à mes occupations syndicales. Je dis chapeau aux huit permanents! »

Avant la retraite, ce Montarvillois était analyste d’affaires pour Bombardier, L’Oréal, Imperial Tobacco… Son emploi l’amenait à implanter des systèmes de paies. 

Un rôle essentiel

Pierre Jutras a amorcé sa carrière de brigadier pour ses petits-enfants. « J’aime être proche d’eux. C’est utile. Je les aide. Ils se confient à moi. Aussi, nous sommes là, les brigadiers, pour détecter si les enfants ont besoin d’aide. Par exemple, ceux qui ne sont pas habillés chaudement quand il fait froid », commente l’homme. En entrevue, il précise qu’ils ne sont pas là pour intervenir auprès des gamins, mais plutôt pour relayer l’information auprès de la direction de l’école. « Nous sommes des observateurs. » 

Quand on lui demande pourquoi son rôle est indispensable, le brigadier répond que ses collègues et lui permettent d’éviter les accidents. « Les voitures, c’est une grande difficulté. C’est très important que les automobilistes respectent les règles, mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a beaucoup d’écarts de conduite, notamment aux larges intersections », déplore Pierre Jutras.

On peut penser à la traverse, entre autres, au coin des boulevards De Boucherville et Seigneurial. « Ils font des demi-tours interdits (U-turn), n’arrêtent pas malgré notre présence, passent tout droit sur le stop… parfois, nous les signalons à la police. »

Au-delà de leur place indispensable dans la communauté, les brigadiers scolaires remplissent une mission éducative. Leur présence quotidienne sensibilise les élèves, les parents et le personnel scolaire aux bonnes pratiques en matière de sécurité routière. En agissant comme modèles de comportement prudent, ils aident les jeunes piétons à

développer des réflexes durables. 

La Semaine nationale

La Semaine nationale de reconnaissance des brigadiers vise à reconnaître le rôle essentiel de ces personnes dévouées qui, chaque jour, beau temps, mauvais temps, assurent la sécurité des enfants autour des écoles. L’initiative vise à souligner leur rôle indispensable dans la prévention des collisions, le rappel des règles de sécurité routière et le maintien d’un climat de confiance et de respect dans les environnements scolaires.