Sainte-Julie : une seule école de classes alternatives
Des mères engagées venant de différentes municipalités du Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) ont fondé cette année un regroupement afin de bonifier l’offre de classes alternatives.
Le regroupement, créé en février dernier, réunit six mères venant notamment de Saint-Basile-le-Grand et de Saint-Amable. Cloé Ayotte et Josia Laberge en font partie. Celles qui voulaient au départ faire l’école à la maison ont découvert l’existence de classe au volet alternatif. « Nous désirions une formule d’enseignement qui s’adapte davantage au rythme de nos enfants et qui sorte du cadre régulier, ce qui colle davantage à nos valeurs », explique Mme Laberge.
C’est à la suite d’une séance d’information à l’école primaire Le Rucher, à Sainte-Julie, qu’elles ont effectué un sondage en ligne. « Au total, 251 familles se sont prononcées en faveur des classes alternatives, ce qui représente 422 enfants », explique Mme Laberge.
C’est ainsi qu’elles ont fondé le regroupement. « Le nombre de places disponibles est nettement inférieur à la demande, constate Mme Ayotte. Le Rucher est la seule école du CSSP qui offre trois classes alternatives, ce qui représente 64 places. Les fratries sont priorisées, et donc, cette année, il y a eu 11 admissions externes. » Elle mentionne que le programme n’est pas réservé qu’aux résidents de Sainte-Julie, mais aussi aux familles de toutes les municipalités du CSSP.
Un type d’enseignement méconnu
Les projets de classes alternatives se créent à l’initiative de groupes de parents qui doivent présenter une demande à la direction d’une école. Si le projet est accepté, il doit ensuite être approuvé par le Centre de services scolaire.
Malgré l’engouement, l’offre limitée peut s’expliquer, selon Mme Laberge, en raison d’une méconnaissance de cette approche pédagogique. Son amie ajoute que l’absence de notes exprimées en pourcentage peut également dérouter certains parents. « Les enfants sont plutôt évalués sur le processus lors des projets et sont invités à s’autoévaluer », explique-t-elle.
Selon Mme Ayotte, le fait que les parents doivent s’engager à offrir du soutien en classe selon un horaire établi, à raison de 20 à 30 heures par année, peut représenter un défi. À leurs yeux, cette approche de coéducation comporte pourtant plusieurs avantages. « Chaque parent peut apporter sa couleur à la classe et aux projets, explique Mme Laberge. C’est une belle façon d’être près de nos enfants tout en donnant un coup de main aux enseignants. »
Des enseignantes comblées
Véronique Larivière et Christine Morin enseignent au volet alternatif au Rucher depuis quelques années avec leur collègue Maryse Tanguay. Elles ont fait le saut après avoir enseigné au régulier et ne regrettent pas leur décision, estimant que cette approche, flexible et collaborative, correspond à leurs valeurs et à leurs intérêts.
Mme Larivière précise qu’elles doivent répondre aux mêmes exigences ministérielles que dans les classes régulières. Il n’y a ni manuels scolaires ni cahiers d’exercices. L’apprentissage est construit autour de projets adaptés aux besoins et aux intérêts des élèves. « Nous misons aussi beaucoup sur le questionnement, le partage d’idées et la recherche collective de solutions aux problèmes », explique-t-elle.
« On encourage nos élèves à réfléchir afin qu’ils trouvent leur propre méthode pour arriver à une réponse. On travaille sur leur développement global », ajoute sa collègue.
L’engagement parental primordial
Les enseignantes mentionnent que la collaboration avec les parents est au cœur du volet alternatif dans une approche de coéducation. « Non seulement les enfants bénéficient d’un soutien supplémentaire, mais les parents peuvent aussi voir évoluer leur enfant au quotidien », précise Mme Larivière.
De cette coéducation naît aussi un climat familial favorable, poursuit-elle. « On devient une petite communauté. J’accueillerai l’an prochain le quatrième enfant d’une même famille. Nous avons la chance d’avoir une proximité avec les parents qui sont là pour soutenir leur enfant, mais ceux des autres également. »
Une demande croissante
Le regroupement de mamans souhaite voir ouvrir de nouvelles classes alternatives dès l’an prochain sur le territoire, avec l’appui du Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (RÉPAQ). Il est à la recherche d’une équipe-école qui soutiendra leur projet.
« On essaie de faire connaître les bienfaits de ce type d’enseignement », mentionne Mme Laberge. On sent qu’il y a un vent de changement. De plus en plus de familles désirent s’impliquer davantage dans l’éducation de leurs enfants. Les employeurs qui favorisent la conciliation travail-famille contribuent aussi à cet investissement de société. On dit que ça prend un village pour élever un enfant! », conclut Mme Laberge. Le regroupement peut être suivi sur les réseaux sociaux sous le nom de « Bel’ Amable volet alternatif ».
