Saint-Basile : Yves Lessard ne se représentera pas
Yves Lessard, maire de Saint-Basile- le-Grand qui ne semblait pas avoir d’opposition pour les prochaines élections municipales, ne se présentera pas pour un troisième mandat.
« Lorsque je me suis présenté, j’avais indiqué que je ferai deux mandats. » Chose promise, chose due pour Yves Lessard, maire de Saint-Basile-le-Grand, qui laisse la chance au suivant de « récolter ce qui a été semé », comme il aime à le dire.
Il a fait l’annonce de son départ à la population hier, lors de la séance du conseil municipal, sous les applaudissements du public qui y assistait et des élus pour le remercier des années passées à la tête de la Ville.
M. Lessard a accepté de répondre au journal pour expliquer sa décision. Lui qui avait été élu lors d’un premier mandat en promettant une hausse de taxes, il n’avait pas eu à faire campagne pour sa réélection il y a quatre ans. Aujourd’hui, à quelques semaines de la prochaine échéance électorale du 2 novembre, aucun opposant ne s’était annoncé pour affronter le maire sortant. « Lorsqu’on arrive à ses fonctions, on se fixe des objectifs. Lorsqu’on les a atteints, il me semble que c’est à d’autres, maintenant, peu importe l’âge auquel vous êtes rendu, d’arriver avec une nouvelle énergie pour les mettre en application et d’arriver avec des projets nouveaux. »
À Saint-Basile
Yves Lessard réside à Saint-Basile-le-Grand depuis 52 ans, et il continuera à vivre dans la ville qui héberge désormais ses trois filles. Faire de Saint-Basile-le-Grand un endroit que l’on aime pour y vivre, grandir ou vieillir a fait partie de son combat. « Aujourd’hui, le taux d’inoccupation de Saint-Basile-le-Grand est de 0 %. Dès qu’une maison est à vendre, il n’y a même pas d’annonce à passer pour qu’elle parte. On a une obligation d’agir. On a des gens de Saint-Basile qui ne peuvent pas rester y vivre. Nos aînés, nos jeunes et les jeunes familles qui veulent venir n’ont pas de logement. »
Au cours des deux mandats de M. Lessard, des projets immobiliers ont vu le jour.
« C’est en marche avec le projet Messier-Savard, qui commencera les travaux en septembre pour plus de 800 logements. Un autre projet à l’ancien motel prévoit 55 logements, le stationnement de la gare que pourra développer exo, qui pourra y bâtir de 700 à 800 logements », est fier de rappeler M. Lessard. « Lorsqu’on avance dans nos projets, on voit toujours ce qui vient. Moi, j’ai semé. Ce serait la saison pour récolter, mais cette saison pour récolter, elle sera là dans quatre ans encore. Il faut savoir arriver, il faut savoir partir. »
Bilan
Mise à niveau des infrastructures, entretien des 18 parcs de la ville et de ses nombreux bâtiments… « On était en retard dans ce secteur et nous avons fait le nécessaire. Il y a eu une augmentation des taxes et cela a été difficile pour les citoyens, mais c’était un passage obligé pour arriver au résultat que l’on a. Je suis fier d’avoir pu transformer le fait de dire « on protège ce que l’on a et on ne bouge pas ». Comme administrateur public, il ne faut pas que cela soit statique. Si cela ne bouge pas, cela recule, car avec le temps, tout évolue. »
Même sur le plan administratif, le maire a apporté sa touche. « La direction qui était en place correspondait à un temps. Cela n’a pas été simple d’apporter des modifications, mais l’administration qui est là aujourd’hui pourra bien soutenir les nouveaux élus. C’est très exigeant, la vie politique, mais très gratifiant, car on voit le résultat de ce que l’on veut réaliser. Quand les gens me disent qu’ils se sentent bien, vivre à Saint-Basile, c’est ça, ma paye. »
Rappelons que Saint-Basile-le-Grand apparaît au 6e échelon des villes où il fait bon vivre au Québec, selon un sondage de la firme Léger publié le 12 juillet dans un quotidien montréalais. Le niveau de bonheur des Grandbasilois atteint 76,4 %.
À faire
Les points qu’il aurait voulu voir avancer plus vite se trouvent essentiellement sur les deux axes principaux de la ville. La sécurité de la route 116 reste un dossier qui n’a pas avancé suffisamment pour lui, comme celui de la route 223. « Il y a urgence pour la 223. La bataille avec le ministère est très laborieuse. Il a un agenda de 20 ans pour réparer cette route. C’est dangereux pour les cyclistes, les piétons, les automobilistes. Est-ce que je m’y suis mal pris? Je ne sais pas. »
Il aurait aimé réaliser le projet de passerelle au-dessus de la 112 avant son départ.
« Logements et passerelle pour unifier notre ville nord-sud. Le conseil n’est pas unanime sur ça. Je ne le blâme pas, ils ont le droit de dire non, et les arguments de manque de moyens ne sont pas farfelus, mais donnons-nous les moyens. » Quant au dossier Northvolt, le maire n’y voit que des choses positives pour la ville.
« Avant Northvolt, ce terrain contaminé ne valait rien. Aujourd’hui, c’est une plus value pour la ville. Il faut qu’elle se concrétise maintenant sur quelque chose de prometteur sur le plan environnemental. »
Après l’élection du 2 novembre, Yves Lessard sera là pour parler des dossiers avec la personne qui le succédera « si elle le souhaite. Mais je ne ferai pas de politique partisane ».
C’est dans sa ferme, acquise en 2009, qu’il compte passer beaucoup de temps après son mandat.
