Saint-Basile : 100 jours pour la mairesse Kim Méthot

Kim Méthot a été élue mairesse de Saint-Basile-le-Grand le 2 novembre dernier. Cent jours plus tard, l’heure en est à un premier bilan pour celle qui succède à Yves Lessard. Entretien.

« En toute honnêteté, ce n’est pas important pour moi. Mais je comprends que pour beaucoup, cette étape est importante. Moi, c’est quatre ans. Mais à la demande d’autres personnes, de prendre ce moment-là pour une petite rétrospective, c’est quand même satisfaisant, parce que je trouve qu’il y a de belles choses qui ont été faites dans les 100 derniers jours », mentionne d’entrée de jeu la mairesse Kim Méthot. 

Les Versants : Quels sont les objectifs atteints depuis l’élection?

Kim Méthot : « Ç’a commencé sur les chapeaux de roues, parce que notre directrice générale quittait [Cathy Goyette]. Ç’a été un gros élément, parce qu’une ville sans DG, ça fonctionne moins rondement. Ensuite, nous avons pris le temps, comme conseil, de nous rencontrer pour établir une feuille de route de ce que nous voulions accomplir. Parce que nous ne sommes pas un parti, mais des indépendants qui avons des visions différentes. Mais nous avons pris le temps de nous asseoir ensemble pour nous faire une feuille de route de ce que nous souhaitions accomplir à court, moyen et long termes. Nous avons fait un bon travail. Cette feuille de route a été finalisée récemment et remise à l’administration municipale, qui va en tenir compte pour les prochains mois en vue d’un plan de match plus concret pour atteindre ces objectifs-là. Aussi, le U-Art, c’est une belle réalisation. Nous arrivons au moment de couper le ruban, mais quand même, c’est un bel accomplissement et je suis très fière que ce soit fait dans nos 100 premiers jours. » 

Quelle période a été la plus difficile, la fin de 2025 ou le début de 2026?

« Personnellement, la fin de 2025 a été plus difficile. Une campagne électorale, c’est exigeant, c’est épuisant. L’entrée en poste se fait assez rapidement aussi. J’étais toujours à l’emploi dans un autre endroit. J’ai fait une transition qui exigeait que je fasse deux jours semaine à mon ancien emploi, trois jours semaine à la mairie, en plus des rencontres externes que ça demandait, soirs et fins de semaine. Ç’a été très exigeant en novembre et décembre. J’ai pris le temps de bien me reposer pendant les Fêtes et maintenant, mairesse à temps plein, ça se passe bien! »

Quels autres projets sont sur la table actuellement à Saint-Basile?

« Il y en a énormément! Il y a toute une planification à faire à l’interne parce que notre nouvelle DG [Marie-France Delage] est en place. Elle installe les bases sur le plan de la gouvernance et des projets. Il y aura la planification stratégique, la refonte de notre plan d’urbanisme et de notre planification territoriale. Ce sont de gros projets qui prendront de 18 à 24 mois, des projets de longue haleine, mais que nous avons hâte d’entamer parce que ça va guider nos décisions pour les prochains mois. Nous allons aussi travailler le PTI. Cette année, c’est nouveau. Normalement, c’était en même temps que le budget, en octobre, novembre. Mais nous allons le travailler dès avril pour pouvoir le déposer avant l’été. D’autres villes font ça, mais nous, c’est nouveau. Nous allons peut-être créer de nouveaux comités, notamment un comité de commerçants, inclure peut-être un volet jeunesse à nos comités. Nous sommes dans une réflexion au sujet de nos comités, nos commissions internes aussi, entre autres pour travailler sur le dossier de la 223 (chemin du Richelieu). »

En campagne électorale, il y avait deux groupes distincts qui ont réussi à faire élire chacun des candidats… Comment se passe la synergie entre les élus?

« Très bien! Je ne vois plus ça comme des groupes, mais comme des individus, et l’apport de chacun à nos objectifs de conseil. C’est pour cette raison que c’était important d’établir une feuille de route de conseil. Nous ne sommes plus des groupes séparés, nous sommes une équipe. L’équipe doit travailler ensemble et avoir des objectifs communs. Pour moi, c’était important de créer une dynamique d’équipe qui soit agréable, que nous ayons envie de travailler ensemble, que nous utilisions les forces de chacun au bénéfice de la communauté. »

Quels sont les grands défis de votre emploi de mairesse?

« Il y a beaucoup de choses à conjuguer, beaucoup de dossiers. Mon bureau est rempli de choses à lire. C’est le manque de temps, en fait. On ne peut pas tout faire en même temps. C’est mon plus gros défi. Il y a beaucoup de choses que je veux faire, mais on ne peut pas tout faire, c’est physiquement impossible, et pour moi, et pour l’administration. C’est de bien cerner nos priorités, de prendre le temps de bien comprendre les enjeux et les dossiers. Ça exige beaucoup de lecture et de discussions, de questions à poser pour aller chercher des ressources à l’externe. »

Vous êtes aussi maman. Comment se passe la conciliation travail-famille pour vous?

« Assez bien, du fait que je suis dans la municipalité. Ça me donne une certaine proximité supplémentaire que je n’avais pas avant quand j’étais au privé. C’est sûr que ça demande une bonne dose de gymnastique familiale et de compréhension de la part de mon conjoint quand je dois quitter le soir pour des réunions, mais jusqu’à maintenant, ça se passe bien. Ma famille et mon conjoint m’appuient beaucoup, ils sont compréhensifs. Je leur avais dit que les premiers mois seraient plus intenses en raison de la tournée des organismes, de la tournée des comités. Je veux être présente dans le milieu, alors ça demande plus de temps hors heures normales de travail. Je souhaite être le plus présente pour ma fille et ma famille. Je pense que je réussis bien à conjuguer les deux. » 

Est-ce que votre fille le réalise, que maman est mairesse de Saint-Basile?

« Elle a bientôt cinq ans. Elle en parle un peu, des fois. Elle est contente, fière de ça. Je ne suis pas certaine qu’elle comprenne les rôles et responsabilités, mais elle sait où je travaille, avec qui je travaille, puis elle dit que je gère Saint-Basile. Elle était surtout contente de savoir que je travaille près de chez elle, dans ma ville. »

Est-ce difficile de succéder à Yves Lessard?

« Nous avons des approches, des styles différents. J’essaie de me faire confiance dans ce processus-là. J’ai la chance de l’avoir aussi comme conseiller. Quand j’ai des questions, des interrogations, je n’hésite pas à l’appeler. Il est là pour me conseiller. J’ai des membres du conseil qui étaient là aussi dans le passé. C’est une dynamique pas entièrement nouvelle. Je n’ai pas l’impression que je remplis les chaussures de quelqu’un d’autre. J’ai plutôt l’impression de prendre ma place dans ce rôle. Je ne remplace pas M. Lessard, je fais ma place. Je donne ma couleur au rôle. » 

Comment résumez-vous votre bilan des cent premiers jours en quelques mots?

« J’hésite entre bâtir et apprentissages. Nous sommes en train de bâtir le Saint-Basile-le-Grand des quinze, vingt prochaines années. Je l’ai dit au conseil à mon arrivée, je veux être une mairesse de grands projets et de grands dossiers. Mais les cent premiers jours ont aussi été marqués par une très grande dose d’apprentissages. »