Sabotage chez Northvolt et le CVBU

Des bombes artisanales ont été découvertes sur le terrain de Northvolt, à Saint-Basile-le-Grand. Les bureaux du Centre de valorisation du bois urbain, à Saint-Bruno-de-Montarville, ont été saccagés de peinture.

 » Ceci est très grave et on le condamne de la façon la plus ferme « , déclare en point de presse le président-directeur général de Northvolt Amérique du Nord, Paolo Cerruti.

Northvolt a dénoncé de nouveaux actes de vandalisme mettant en danger les employés et les partenaires de l’entreprise. Des engins incendiaires ont été placés sous la machinerie du site. Les dispositifs de déclenchement n’ont pas fonctionné.

Le journal Les Versants a aussi appris que le Centre de valorisation du bois urbain (CVBU), qui collabore avec Northvolt et qui a pignon sur rue à Saint-Bruno-de-Montarville, a été vandalisé. Une fenêtre a été fracassée, les murs, le plancher et le plafond ont été aspergés de peinture.  » Je suis découragé, plus que fâché. C’est choquant « , exprime le directeur général du CVBU, Maxime Bourdeau. Selon lui, il faudra recentrer le message sur la mission de l’organisme, la revalorisation du bois. Rappelons que le CVBU était responsable de l’abattage et de la revalorisation des arbres retirés du site de Northvolt.  » Le lien est facile à faire. Notre récent projet n’est pas approuvé de tous. On espère qu’il s’agisse d’un geste isolé « , confie M. Bourdeau au journal.

Le CVBU n’était pas équipé de caméra ni de système d’alarme lors des faits.

Sécurité

Ce n’est pas la première fois que Northvolt fait les manchettes en raison de sabotage ou de vandalisme. Des clous et des barres de fer ont déjà été plantés dans les arbres en janvier. Des tapis cloutés ont été parsemés sur le terrain en février. Des manifestants se sont aussi introduits sur le terrain. 

Quand on demande si la sécurité est défaillante, Northvolt répond que celle des travailleurs et des employés est une priorité et que l’ensemble des mesures nécessaires sera déployé.  » Des mesures étaient déjà en place, mais nous allons renforcer celles-ci par l’ajout de caméras de sécurité, davantage de gardiens présents sur le site, des détecteurs de mouvements. Nous allons assurer une surveillance accrue des clôtures qui ceinturent l’ensemble de notre important site « , insiste la porte-parole de Northvolt, Emmanuelle Rouillard-Moreau. 

La question a aussi été posée à M. Cerruti. Ce dernier a évoqué l’envergure de l’endroit.  » C’est un site qui fait 178 hectares, son périmètre est à peu près de 5 km. Soit on met un bataillon de personnes à surveiller chaque mètre carré du site, ce qui n’est pas réaliste. Le site est sécurisé, confirme-t-il, mais il faut compter sur la société civile et la responsabilité des gens. On ne va pas sécuriser le site en permanence. « 

Le SPAL

Contacté par le journal Les Versants, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a confirmé le méfait dans les locaux du CVBU.  » Nous avons débuté une enquête concernant une introduction par effraction le vendredi 3 mai dernier. La Section d’identité judiciaire s’est déplacée afin de prélever des éléments de preuve et nous en sommes à recueillir d’éventuels témoignages et à vérifier l’accessibilité à de la preuve vidéo « , affirme l’agent François Boucher.

En ce qui concerne l’acte de sabotage tenté chez Northvolt, le journal a appris que la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent a transféré l’enquête à la Sûreté du Québec (SQ).

La SQ enquête

La sergente Valérie Beauchamp corrobore que la SQ a pris l’enquête en mains.  » Les patrouilleurs de la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent ont reçu un appel à 7 h 25, le 6 mai dernier, pour se rendre sur le terrain de Northvolt à Saint-Basile-le-Grand concernant des objets incendiaires qui auraient été placés sous un véhicule à outils.

Des enquêteurs et le service d’identité judiciaire de la régie se sont déplacés sur les lieux. Les objets incendiaires ont été saisis. La continuité de l’enquête sera assurée par la Division des crimes majeurs de la Sûreté du Québec. « 
C’est en raison de son niveau de service que la SQ a hérité de ce dossier.