Le train sous les projecteurs après le déraillement de Repentigny
À la suite du déraillement survenu le 5 juillet dans le secteur de Le Gardeur, à Repentigny, le journal a questionné des citoyens d’ici pour avoir l’avis de chacun sur le passage des trains le long de la route 116.
« Nous avons appris à vivre avec les trains, même si, quelques fois, ça brasse un peu. Nous n’avons aucune crainte de vivre si près. Ce n’est pas plus dangereux que la 116 ou les avions », commente Normand Archambault.
L’incident ferroviaire qui est arrivé à Repentigny n’a pas fait de blessé. Près de 50 wagons ont sorti de la voie ferrée. Il n’y a pas eu de déversement de matières dangereuses.
Le hasard a voulu que ce déraillement survienne la veille du 13e anniversaire de commémoration de la tragédie de Lac-Mégantic (6 juillet 2013).
Normand Archambault s’est installé dans sa maison de la rue Beauchemin, à Saint-Basile-le-Grand, en 1985. « L’avant-dernière maison avant la voie ferrée, à peu près à 300 pieds. La première nuit, le train avait sifflé, je me suis réveillé en sursaut. Le lendemain matin, en ouvrant l’armoire, une tasse est tombée et s’est cassée sur le comptoir. Je regrettais d’avoir acheté si près de la voie. Le 5 juillet 2003, il y a eu un déraillement de train, un peu dépassé la rue Principale, en direction de Beloeil. J’étais alors pompier », se souvient M. Archambault.
En effet, le 5 juillet 2003, une vingtaine des 122 wagons d’un train de marchandises du CN ont déraillé. Il n’y a pas eu de blessé.
Collée sur la voie ferrée
Patricia Jorge demeure au coin des rues Vendôme et de Chambly, à Saint-Bruno-de-Montarville. « Donc, je suis collée [sur le chemin de fer]! »
Au point que sa maison vibre chaque fois qu’un train de marchandises passe dans sa cour. « Si mes verres sont trop collés, ils frottent ensemble! Je me rappelle, dans les premières semaines de mon déménagement, je me réveillais, car mon meuble de miroir vibrait. Maintenant, je suis habituée », raconte Mme Jorge.
Quand on lui demande si elle craint un éventuel déraillement après le cas de la semaine dernière, la Montarvilloise répond qu’elle entend parfois des bruits plus forts que d’habitude quand un train passe. « Mais je ne me suis jamais posé la question [du déraillement], maintenant que l’on en parle », précise-t-elle.
Des commentaires
Geneviève Jobin, qui réside avec sa famille sur la rue des Merisiers, à Saint-Bruno, est à environ 500 mètres de la voie ferrée. « Plus petite, j’ai grandi à Saint-Bruno, mais un peu plus éloignée de la 116. Même à cette distance, je me suis habituée à entendre les trains. Aujourd’hui, je n’ai jamais été aussi proche. Nous entendons seulement le train de marchandises du CN, quand les fenêtres sont ouvertes et parfois quand il fait très humide. Le soir, nous entendons le roulement du train, mais c’est un son que l’on intègre. Ça nuit zéro à notre qualité de vie! » confie au journal Geneviève Jobin.
Le Grandbasilois Yvon Tremblay a déjà écrit au conseil municipal pour lui faire part de ses craintes concernant le passage des trains. Il se demande si Saint-Basile-le-Grand et les municipalités voisines sont organisées pour évacuer, loger et s’occuper de la population pendant une longue période à la suite d’une éventuelle catastrophe ferroviaire.
Une citoyenne mentionne qu’elle adore regarder les trains passer. « Mais le problème, à mon avis, c’est la longueur [des trains] », dit-elle.
Elle soutient que si le déraillement d’un très long train survenait à la hauteur de Saint-Basile, ce sont trois passages à niveau qui se retrouveraient bloqués. « Ce qui devient problématique et surtout très dangereux, advenant une urgence. Pour le reste, personnellement, les vibrations ou le bruit font partie de la voie ferrée! Je le savais quand j’ai déménagé ici. »
Le commentaire qui revient souvent est celui de la maison qui brasse lorsque le train passe. Toutefois, les gens finissent par s’y habituer et tolèrent cet aspect.
En somme, les citoyens qui résident près de la voie ferrée qui longe la route 116 ne semblent pas craindre d’incident ferroviaire. Ils ont appris à vivre avec le passage du train au quotidien, comme un élément faisant partie du paysage visuel et sonore.
