Quelques réflexions d’élus

Martin Leprohon, conseiller à Saint-Basile-le-Grand, et Vincent Fortier, conseiller à Saint-Bruno-de-Montarville, ont participé à l’écriture de l’ouvrage Courage : L’engagement politique municipal à l’ère des transitions avec une dizaine d’autres employés.

« Prendre part à ce projet m’a permis de poursuivre ma démarche de vulgarisation sur la lutte aux changements climatiques et l’aménagement du territoire », explique M. Leprohon, qui a écrit le texte Proximité et diversité, Penser nos quartiers au-delà de la densité et qui participait au comité de pilotage du développement du recueil.

S’intéresser au monde municipal

Le projet est né d’un cinq à sept en mai 2024, juste avant les Assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec, du Caucus écologiste municipal, dont les deux élus font partie. Le Caucus, composé d’élus municipaux engagés dans la transition écologique des collectivités québécoises, est un réseau non partisan.

L’idée derrière ce projet était d’offrir le témoignages d’élus en invitant le lecteur à réfléchir aux enjeux municipaux contemporains.

D’emblée, pour Vincent Fortier et Martin Leprohon, l’objectif était d’encourager les gens, d’une part à s’intéresser aux enjeux municipaux présents et à venir, et d’autre part, à inviter ceux qui veulent s’y impliquer à le faire. « J’espère aussi que les élus se sentent moins seuls dans leur réalité après avoir lu le livre », ajoute M. Leprohon. Ce dernier fait état notamment d’un contexte politique municipal préoccupant, alors que près de 10 % des élus municipaux n’ont pas terminé leur mandat de quatre ans.

Neuf thématiques

Les neuf textes proposent tous un angle différent de la vie municipale. M. Fortier décrit l’ouvrage comme un tout. « Chaque texte a son style et son approche. Le lecteur trouvera sans doute quelques chapitres intéressants », explique celui qui signe le texte S’engager en politique municipale : L’idéal démocratique à l’épreuve du réel.

À travers ses écrits, l’auteur souligne que la défense de l’environnement et la transformation de l’économie passent notamment par la préservation des idéaux d’égalité et de liberté. « J’avais le souci de participer au projet sans volonté de politiser les sujets au sens partisan », précise-t-il, alors qu’il témoigne de plusieurs évènements qui ont eu lieu lorsqu’il était conseiller municipal à Saint-Bruno. « C’était à la fois un souci dans mon écriture, mais également une difficulté. »

De son côté, Martin Leprohon aborde les thèmes de la densification sous un point de vue écologique et social, entre autres.

« Pour qu’il y ait de l’acceptabilité sociale envers le changement, le citoyen doit d’abord être entendu et inclus dans le processus », mentionne l’élu, qui précise que sinon, les projets partent avec « une prise en moins ».

Moment opportun

Le livre a été publié le 3 septembre dernier, et l’éditeur allait déjà en réimpression devant l’engouement des librairies, avoue l’élu de Saint-Basile-le-Grand. « Le timing est bon pour soutenir le débat qu’il y aura dans les prochaines semaines, en vue des élections du 2 novembre prochain », souligne M. Leprohon.

« Les gens pensent au municipal une fois tous les quatre ans, le moment de publication était donc opportun. »

Le jeudi 4 septembre, les deux élus étaient présents lors du lancement à Montréal, à la librairie Le Port de tête.

Martin Leprohon devait aussi se rendre à Gatineau. De son côté, Vincent Fortier avait la certitude d’assister au lancement à Québec. Sous forme de conférence, une période de questions avec des auteurs est prévue dans le but d’échanger avec les citoyens présents. Mikaël St-Pierre, coordonnateur du Caucus écologiste municipal, prendra également la parole. Ce dernier, en plus de signer la conclusion de l’ouvrage, est l’un des initiateurs du projet.

Choix du titre

Le choix du titre n’est pas anodin non plus.

« Lorsque nous avons lu la proposition de Mme Harel, tous nos yeux se sont allumés », explique l’élu de Saint-Basile-le-Grand. Il fait référence à Louise Harel, qui a été, entre autres, ministre des Affaires municipales et qui a initié la création de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Cette dernière signe d’ailleurs la préface de l’ouvrage.

« J’espère que ça pourra donner le goût et le courage à des citoyens de s’impliquer en politique municipale », mentionne M. Fortier, qui témoigne toutefois avoir souvent « la chienne » comme élu.

« Je ne me considère pas comme quelqu’un de courageux, mais j’admets que ça prend un certain courage, aujourd’hui, pour faire le saut en politique », avoue-t-il.