Northvolt: l’incidence de la concentration des contaminants dans la rivière du Richelieu
La baignade dans la rivière Richelieu demeure sécuritaire, assure la Ville de Belœil après quelques préoccupations exprimées par un comité citoyen sur de possibles contaminants liés aux activités sur le terrain détenu par Northvolt à Saint-Basile-le-Grand et McMasterville.
Sylvain Lapointe, directeur général du Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR), précise qu’il ne faut pas minimiser les contaminants dans la rivière provenant de Northvolt. « Ça démontre que le ministère de l’Environnement reste alerte avec les actions de Northvolt », explique-t-il concernant l’amende imposée à la filière batterie.
M. Lapointe souligne toutefois que tout est une question de concentration. « Si l’on met une cuillère de sucre dans une tasse d’eau, elle sera très sucrée. Cette même quantité de sucre dilué dans 10 gallons d’eau, le sucre sera moins perceptible », image le directeur général pour expliquer l’incidence des concentrations sur la rivière Richelieu.
Sédiments
L’un des enjeux soulevés par M. Lapointe, c’est le risque que la matière se sédimente dans le fond du cours d’eau et qu’elle soit absorbée par la biodiversité qui contribue à l’équilibre de la rivière.
Il existe des mesures pour minimiser les effets sur le Richelieu, précise-t-il, notamment par la limitation des vitesses des bateaux pour éviter de perturber les sédiments de la rivière. « La matière qui est en suspens, le chrome, ça pourrait être problématique, mais au chapitre de l’aluminium, c’est une matière que l’on utilise dans le processus de filtration d’eau potable comme coagulant. Donc, l’aluminium est déjà présent d’une certaine façon », mentionne M. Lapointe, qui précise aussi que, par temps sec, le ruissellement n’a pas lieu, contrairement au lendemain de fortes pluies, où il pourrait y avoir des enjeux avec le bassin de rétention de l’entreprise suédoise.
Protocole mis en place
Selon la Direction de santé publique (DSP), ces possibles contaminants, qui pourraient ruisseler dans la rivière en cas de très fortes précipitations (plus de 25 mm), ne remettent pas en question la sécurité de la baignade à la piscine en eaux vives, puisque le protocole rigoureux mis en place par la municipalité, qui décrète une fermeture de l’installation en cas de précipitations, assure aux baigneurs une qualité de l’eau adéquate.
Le lieu de la baignade est situé à environ cinq kilomètres en aval du site de Northvolt, ce qui permet une dilution naturelle des contaminants grâce au fort débit de la rivière. Certains citoyens rencontrés sont toutefois prudents et s’assurent de rester informés sur la situation pour éviter tout inconvénient. La nouvelle mentionnant que l’entreprise Northvolt a reçu certains avis d’infraction n’a pas suscité d’étonnement. Les baigneurs et les citoyens semblaient s’attendre à de tels évènements en raison des sols fortement contaminés. Pour une famille, l’important, c’est de ne pas boire de cette eau et de prendre une douche rapidement après la baignade pour éviter tout désagrément.
« On le fait pour tous les plans d’eau où l’on se baigne, et même dans une piscine pour enlever le chlore », mentionne la mère de famille.
La Ville invite la population à distinguer le débat entourant les activités industrielles de Northvolt du dossier spécifique de la piscine en eaux vives, qui repose sur des données scientifiques et une évaluation rigoureuse des risques.
