Chronique Société d’histoire : le bazar paroissial, une tradition plus que centenaire
À divers moments de l’histoire de la paroisse, des bazars et des kermesses ont permis de financer des projets dans une atmosphère festive.
Il convient de distinguer les activités similaires mises sur pied au fil des ans. La tombola repose sur des jeux de hasard ou d’adresse. Le bazar est un marché où l’on trouve à bas prix des objets donnés par les paroissiens. Enfin, la kermesse est une fête animée par des spectacles et des activités récréatives, pouvant inclure une tombola ou un bazar.
Des cloches et du chauffage
En 1905, l’église, construite en 1876, ne possède toujours pas de véritables cloches, hormis une petite cloche de chapelle. Les marguilliers souhaitent faire fondre deux nouvelles cloches, de poids respectif de 600 et 700 livres. Un comité de bazar est chargé de recueillir les fonds requis. Bien que les archives ne détaillent pas les activités organisées, elles révèlent que l’objectif a été dépassé, avec une somme recueillie de 380 $.
En 1923, le curé Georges-Étienne Boileau met sur pied une kermesse qui dure une semaine. Les visiteurs profitent d’amusements variés et de huit kiosques « remplis de riches objets ». En soirée, les « Basiliens » assistent à des projections de vues animées ainsi qu’à des concerts lyriques. Un tirage offre un gramophone en guise de grand prix. L’événement remporte un « brillant succès ». Les recettes générées permettent d’investir dans un nouveau système de chauffage pour l’église, ainsi que dans du mobilier pour le presbytère.
Les kermesses du curé Marsan
Ernest Marsan, successeur du curé Boileau, apprécie les kermesses, qu’il voit comme un moment de rassemblement et une source de financement. Chaque été, pendant une semaine, la kermesse, installée dans la grande remise habituellement utilisée comme abri pour les chevaux, propose la vente de nourriture et d’objets, des attractions et des jeux d’adresse. La fanfare de Belœil ajoute à l’ambiance festive. Certaines années, un feu d’artifice couronne les festivités.
Le curé Marsan quitte son poste en 1948. Son successeur, Paul Lapointe, découvre un comité organisateur animé d’un « bel entrain prometteur ». La kermesse de 1949 connaît un franc succès. Le tirage au sort d’un magnifique réfrigérateur Leonard Northern Electric a contribué à la vente soutenue de billets. Cependant, le curé choisit d’abandonner cette tradition, lui préférant des quêtes spéciales pour recueillir des fonds.
La fête au village et le bazar moderne
Dans les années 1980 et 1990, les citoyens désireux de se départir de leurs objets organisent des ventes de garage annoncées dans les journaux locaux. Souhaitant regrouper ces initiatives dispersées, le Service des loisirs de la Ville met sur pied, en 1991, un marché aux puces printanier au parc du Ruisseau, offrant la location de tables pour 10 $. L’expérience, couronnée de succès, est reconduite l’année suivante, avec l’ajout d’une édition en septembre au Centre Ultra (boulevard Sir-Wilfrid-Laurier). Puis, en septembre 1993, marchands et autorités municipales invitent les citoyens à une première « Foire au centre-ville », combinant vente de trottoir, animations musicales et marché aux puces. L’initiative évolue rapidement, rebaptisée « Foire du village » en 1994, puis « Fête du village » en 1995, et plus tard « Fête de la famille ». Avec le temps, les animations familiales prennent le pas sur le marché aux puces.
L’effervescence générée par l’événement inspire le conseil de fabrique de la paroisse, qui y voit une occasion de financement. En juin 1995, une invitation est lancée aux paroissiens, leur suggérant d’apporter des objets qui seront vendus en septembre au profit de la paroisse. Des bénévoles trient et accumulent les articles au sous-sol du presbytère. L’initiative s’avère un succès. Ainsi naît le bazar moderne. D’abord saisonnier – avec des dons recueillis l’été pour la vente de septembre -, l’événement prend de l’ampleur. Les dons sont bientôt acceptés tout au long de l’année. De nombreux bénévoles s’investissent dans cette activité.
Le bazar et bien plus encore
Si la vente annuelle d’objets demeure avant tout une activité de financement, elle s’inscrit également dans un mouvement écologique favorisant la réutilisation des biens. Les citoyens participent avec générosité, entraînant toutefois des défis d’entreposage. La concentration des ventes en une seule journée pose problème.
Le comptoir communautaire Bric-à-Brac est inauguré en juin 2018. Installé au sous-sol du presbytère et géré par des bénévoles, il offre toute l’année une variété d’objets à petits prix dans un espace accueillant.
Plus de 120 ans après la création du premier comité de bazar, l’activité demeure bien vivante, portée par l’engagement des bénévoles et soutenue par l’ensemble de la communauté.
